Vous avez dit GRAC(Q) ?
Correspondances
Julien Gracq avait approuvé cette appellation malicieuse par sympathie pour son locataire et confident discret
de
15 années, rue du Grenier à sel, le peintre et
co-fondateur du groupe, Poncaral.
La personnalité secrète et attachante de l’homme, son non-conformisme et ses valeurs, ont enrichi notre réflexion.
La mise en relation de la lecture de ses œuvres avec le questionnement qu’induit toute création artistique, a probablement fécondé, sans qu’on sache toujours ni comment ni sous quelle forme, les recherches plastiques des membres du groupe.
Un héritage
“ Dans l’absence de tout repère visible, je sentais monter en moi cette atonie légère et progressive du sens de l’orientation et de la distance qui nous immobilise avant tout indice.”
Cette expérience, à nous transmise par Julien Gracq, tend à sceller la convergence qui rapproche les membres du Groupe Recherche Art Contemporain.
Contemporain parce que leur démarche s’inscrit délibérément dans le temps présent. Recherche car leur pratique a pour ambition de donner quelques signes dans les cheminements hasardeux du quotidien …
Tracer pour exister. Effacer pour voir. Recouvrir pour dévoiler. Assembler pour déstructurer. Interpeller le hasard au détour des certitudes. Proposer le rêve pour mieux approcher la réalité. Coder les innombrables présents pour installer les lendemains.
Ainsi chacun existe-t-il avec ses trajectoires, ses contradictions, ses constantes remises en question, ses éblouissements. Ainsi chacun livre-t-il aux regards ces musiques méditatives ou véhémentes, secrètes ou triomphantes…exigeantes sans aucun doute, tels les mots longuement ciselés, échoués pour d’autres devenirs, sur le Rivage des Syrtes.
A suivre…
A nous de poursuivre, avec humilité, les chemins esquissés par l’homme et l’écrivain,
à nous de nous modeler sur son intégrité, à nous aussi, avec les moyens qui ne sont que les nôtres, d’entretenir ce dialogue au-delà du temps.